Pas nées d’hier, les hommes, on connaît. Le sexe aussi. Ça n’empêche pas de s’interroger, parfois, sur ce qu’ils aiment, et pourquoi, et comment ça marche cette bête-là… Le plus simple, c’était d’aller leur poser la question.
Au fil de nos expériences amoureuses, on pense en avoir
appris un rayon sur l’intimité masculine. « C’est trompeur, me souffle
pourtant un ami. Parfois, on vous complimente juste pour vous faire
plaisir… » Qu’à cela ne
tienne. Afin d’en savoir plus sur leur sexualité, leurs envies, leurs
rêves érotiques, j’ai scotché mes copains à la boxe, rôdé autour des
vestiaires de foot, squatté les tribunes de rugby. Bilan : rien. Entre
hommes, ils ne parlent pas de « ça ». Super pudiques. Alors j’y suis
allée franco et, les yeux dans les yeux, je leur ai posé des questions
plus ou moins crues. Une dizaine d’hommes, entre 25 et 45 ans, m’ont
répondu. Moralité : à une femme, même inconnue, ils se confient
volontiers, sans arrière-pensée, gentiment. Puis je suis allée voir des
pros de la planète mecs, Pascal de Sutter, sexologue 1, Stéphane Rose, éditeur de littérature érotique 2, et Sélim Niederhoffer, e-coach en séduction 3.
Chacun dans son domaine écoute les mâles se confier et se fait fort de
nous rapporter certaines observations. Surprise : on croyait bien les
connaître, les mecs, or un homme peut en cacher un autre.
Alors, les hommes ne pensent qu’à ça ?
C’est
vrai mais ça dépend des périodes, de la lunaison. Lune montante, la
sève est dans l’arbre. Pleine lune, c’est le feu d’artifice. Cela dépend
aussi du moral. « J’ai le blues du dimanche soir, alors penser au sexe,
ça me détend », confie Yann, 36 ans, agent immobilier. Il faut aussi
que les circonstances s’y prêtent : « J’y pense si j’ai devant moi un
stimulus, un décolleté, un prénom mignon, Anaïs ou Clémentine, un petit
défaut charmant comme des cernes ou des dents qui se chevauchent »,
nuance Ariel, 42 ans, chargé de com’ multimédia à la fac. Après, la
meilleure manière d’en finir avec la tension du désir, c’est de filer
sous la couette avec sa partenaire, non ? En fait, c’est là que ça se
corse. 20 % des hommes ont des pannes de désir, précise le sexologue
Pascal de Sutter, mais tous, en couple ou non, ont recours
systématiquement à la masturbation. L’éditeur Stéphane Rose renchérit :
« à moins d’être un menteur ou un moine, un homme se masturbe au moins
deux ou trois fois par semaine. » Ainsi, c’est où il veut, comme il
veut, sans s’intéresser à la disponibilité ni au plaisir de l’autre.
D’où la conclusion qu’ils préfèrent se masturber seuls plutôt
qu’accompagnés et de préférence au lit ou sous la douche, mais ni en
voiture (il n’y a pas de kit mains libres), ni au bureau (au travail,
c’est un délit), ni à la cave (pourquoi pas la niche du chien ?),
expliquent Yann, Ariel, Nils, Olivier et tous les autres.
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