Ils vivent leur premier amour, leurs premières expériences. S'il n'y a
pas d'âge pour aimer, il n'y en a pas non plus pour commencer à se faire
du mal. Selon une étude de
l'École polytechnique fédérale de Zurich parue mardi, les violences
physiques, sexuelles et psychologiques existent également au sein
des couples d'adolescents.
Sur le tiers des adolescents de 15 à 16 ans qui ont déclaré avoir été en couple, près de 18 % des filles auraient souffert de violences sexuelles, et ce à plusieurs niveaux. Quand certaines se font harceler par leur petit ami pour avoir des rapports, d'autres sont obligées de leur envoyer des photos intimes, sur lesquelles elles apparaissent dénudées. 5 % d'entre elles subissent même des rapports forcés, selon le journal Le Temps, qui s'est procuré les détails de l'étude.
Un quart des jeunes garçons victimes de leur petite amie
La violence s'immisce insidieusement dans le couple, sous la forme de chantage, d'intimidation, de critiques... La peur de perdre l'être aimé est telle que souvent, les jeunes n'ont pas le courage de le repousser. La forme la plus commune de violence conjugale chez les adolescents reste le contrôle des relations, des contacts et des fréquentations de l'autre. D'après une étude de la Communauté française de Belgique réalisée en 2007 et conduite auprès de jeunes de 12 à 21 ans, neuf jeunes sur dix auraient été victimes de violences, majoritairement psychologiques, dans leurs relations amoureuses. Près de 54 % ont affirmé que leur partenaire les empêchait de parler à d'autres filles - ou d'autres garçons - ou les dévalorisait souvent par des critiques. Environ 37 % se sont déjà fait surveiller ou ont eu leur téléphone portable fouillé. Parmi les jeunes identifiés comme étant victimes de violence, 78 % en commettent aussi.D'après les chercheurs suisses, la violence des garçons, comme celle des filles, se produirait surtout au sein des jeunes couples qui reproduisent le schéma traditionnel de l'homme dominant et de la femme passive, comme l'explique le chercheur Denis Ribeaud, qui a dirigé l'étude. « Étrangement, l'étude montre que les deux sexes ont plus tendance à recourir à la violence quand ils suivent les rôles traditionnellement attribués à chaque genre, à savoir quand l'homme domine la relation. »
Les garçons comme les filles peuvent subir la violence physique de leur partenaire. L'étude a établi qu'un quart des jeunes en couple ont affirmé avoir été l'objet de violences physiques de la part de leur petit(e) ami(e) dans l'année écoulée. Un quart des garçons de 15 à 16 ans disent avoir subi la violence de leur copine. Environ 14 % des filles avouent avoir giflé ou griffé leur petit ami. Pincements, claques, tapes, cheveux tirés... Quand elles sont légères, les violences physiques sont la plupart du temps commises par des filles. D'après l'étude belge, 55 % des violences mineures et occasionnelles au sein d'un couple adolescent étaient commises par les filles, alors que 65 % des actes de violences importantes et fréquentes étaient commis par les garçons. « Dès l’âge de 18 ans, on remarque une "abdication" de la part des jeunes femmes et une augmentation de la violence chez les jeunes hommes, ce qui se rapproche des schémas de violence entre partenaires chez les adultes », concluait le rapport.
