La rhinoplastie est l'opération de chirurgie esthétique du
nez et est très certainement l'une des opérations vedettes de la
chirurgie esthétique. Plus que toute autre opération, le résultat
esthétique doit être sans reproche, tant il se voit. comme le nez au
milieu de la figure. Découvrez ce qu'il faut savoir avant d'envisager
une telle opération.
Pour la rhinoplastie comme pour les autres techniques de chirurgie esthétique,
le dialogue entre le patient et le chirurgien revêt une importance
capitale. Il permettra de déterminer ce qui est désiré par le patient,
techniquement réalisable et esthétiquement adapté. Actuellement, on
compte près de 15 000 opérations du nez par an, soit 5 % de la chirurgie
esthétique en France.
La rhinoplastie, qu'est-ce que c'est ?
Il faut différencier la rhinoplastie fonctionnelle, dont le but est de
redresser la cloison, source d'une difficulté respiratoire, de la
rhinoplastie correctrice dont le but est de modifier la morphologie du
nez, soit au niveau de sa partie supérieure osseuse, soit de sa partie
inférieure mobile dite cartilagineuse. On peut ainsi redresser,
raccourcir ou diminuer en hauteur et en largeur un nez dans ses deux
structures osseuse et cartilagineuse. Les chirurgies fonctionnelle et
correctrice peuvent être associées.
À savoir avant de se faire refaire le nez...
La
démarche essentielle est de bien cerner les objectifs de la
rhinoplastie. Le patient doit parfaitement expliquer les désirs de
changement qu'il souhaite. Le travail sur photographies médicales noir
et blanc est indispensable. Il permet d'effectuer analyse et
simulations, en particulier de profil et d'imaginer le résultat
escompté.
Les simulations de face sont, malheureusement, moins
précises. Il faut se méfier des simulations, en particulier sur
ordinateur qui ne représenteront pas précisément le résultat final. Quoi
qu'il en soit, une simulation est indispensable pour que vous puissiez
approcher le résultat et ainsi mieux personnaliser votre intervention
chirurgicale. En effet, il n'y a pas deux visages semblables et le "sur
mesure" est essentiel. Le chirurgien doit vous guider, vous prévenir que
cette intervention entraîne toujours une transformation importante au
niveau de votre visage et peut venir en modifier l'harmonie.
Le
visage est fait d'éléments en interdépendance. Modifier le nez c'est
aussi modifier le regard, l'importance d'une lèvre supérieure et surtout
modifier l'importance du menton par rapport à la structure globale d'un
visage. En dehors du menton, cependant, il est rare que le chirurgien
vous propose un geste associé, dans le même temps opératoire, surtout si
la rhinoplastie est complète.
Dans le cadre d'une intervention
fonctionnelle visant à mieux vous faire respirer, le chirurgien doit
vous avertir que si vous présentez une affection chronique de la
muqueuse nasale, le résultat peut ne pas être complet.
La qualité
de la peau intervient dans le résultat final d'une rhinoplastie. Une
peau épaisse et grasse ne permettra pas d'obtenir l'affinement souhaité,
en particulier au niveau de la pointe du nez. Une autre limite de la
rhinoplastie est l'existence de narines très larges.
Une réduction
est certes possible mais au prix de cicatrices externes qu'il faudra
donc accepter. En effet, dans la quasi totalité des cas, en dehors d'une
déformation majeure et souvent congénitale, toutes les cicatrices sont
cachées sous le rebord ou à l'intérieur du nez. Tout ceci doit être
précisé en pré-opératoire.
Comment se déroule une opération du nez ?
Vous
devez apporter vos photographies et la simulation retenue avec votre
chirurgien le jour de l'intervention. Cela permet de planifier les
gestes chirurgicaux durant votre intervention.
L'anesthésie est
soit générale, soit locale, associée à une diazanalgésie permettant au
patient d'être relaxé. En cas d'intervention sur la cloison nasale ou de
rhinoplastie complète avec mobilisation de la partie osseuse, une
anesthésie générale est préférable car plus confortable. .
En cas
de rhinoplastie localisée à la pointe du nez cartilagineuse ou à titre
de simple râpage d'une mini bosse, une anesthésie locale associée à une
diazanalgésie est le plus souvent suffisante.
L'intervention dure de 45 minutes à 90 minutes en fonction des modifications à effectuer.
En
cas de rhinoplastie partielle, l'hospitalisation ne peut durer qu'une
journée. En revanche, en cas de rhinoplastie complète associée à une
chirurgie de la cloison, une hospitalisation d'une nuit est à prévoir.
Le temps des suites post-opératoires, variable en fonction du type de rhinoplastie, est de l'ordre de 7 à 15 jours :
- Possibilité de mèches pendant 3-4 jours ;
- D'une petite attelle endo-nasale en cas de chirurgie de la cloison ;
- D'un pansement nasal (soit stéristrip, soit petite plaque plastifiée
ou plâtrée) qui reste en place 10 jours si un geste sur la forme du nez
a été pratiqué.
Suites opératoires
Le temps de reprise d'une activité
sociale et professionnelle va dépendre de la durée de ce pansement
externe et de la possibilité d'ecchymoses au niveau des paupières et de
la joue, dont l'importance est variable selon les individus.
Le
nez reste fragile pendant 1 mois. Il faut éviter tout risque de choc et
tout geste traumatisant (se moucher violemment, sport).
A l'ablation du pansement une poussée acnéiforme sur le nez est possible, elle sera résolue par un traitement médical local.
Il
n'y a pas d'ablation de points de sutures car les fils placés à
l'intérieur du nez sont résorbables. Cette intervention n'est pas
douloureuse et des douleurs doivent alerter le chirurgien sur la
possibilité d'une infection.
L'évolution du nez
Le patient
ne doit pas être inquiet au moment de l'ablation du pansement externe,
car quelques mois sont nécessaires pour que les modifications souhaitées
soient définitives. De profil, le nez peut encore remonter, puis
descendre dans les semaines qui suivent. L'élargissement apparent du
nez, dû à l'odème présent au niveau du secteur osseux et au niveau du
secteur cartilagineux, met plus de temps à se résorber : 6 mois seront
nécessaires pour que l'aspect définitif du nez soit obtenu avec, en
particulier, l'amincissement de la point du nez. La souplesse de la
pointe du nez revient encore plus tardivement.
L'évaluation définitive du nez se fait à 1 an.
Les
irrégularités à la palpation, si elles n'ont pas de traduction
visuelle, sont tout à fait possibles et à négliger. Il faut cependant
savoir que du fait de la consolidation et de l'évolution de la
cicatrisation interne, dans 10 % des cas une retouche peut être
nécessaire et le patient doit en être informé au préalable.
Un
érythème et des télangiectasies post-opératoires (couperose) peuvent,
sur certaines peaux être secondaires à la rhinoplastie. Un traitement
par laser est alors nécessaire si elles persistent. Ceci peut être vu en
particulier lorsqu'il y a eu ré-inclusion de cartilage. L'impression de
cernes, surtout si l'on a le teint palpébral inférieur bistre, peut
être aggravée ce qui justifie l'éviction solaire pendant les 6 premiers
mois.